La 7 met en concurrence trois chômeurs en stage dans une entreprise pour décrocher un CDI. L’émission s’appelle «IlContratto» (le contrat).

Mardi soir, la tension était palpable sur le plateau de la nouvelle émission de téléréalité italienne « Il Contratto », diffusée par La7. Au fond de la salle, un écran géant et, devant, trois sièges vides. Une petite annonce est projetée : « Recherche télévendeur senior. Qualités requises : esprit d’équipe, compréhension des logiques commerciales, capacité à s’entretenir avec des interlocuteurs de haut niveau. »

Un partenariat avec le le site Monster

Le texte est signé Monster, multinationale américaine, et promet un contrat à durée indéterminée. L’annonce est subitement remplacée par les candidats. Une femme et deux hommes : Giovanni, 32 ans, sicilien et diplômé de philosophie, Manuela, 39 ans, sarde et diplômée des Beaux-Arts, et Dario, 36 ans, de Milan et titulaire d’une licence en économie.
« Ces trois candidats ont été sélectionnés par Monster, explique la présentatrice. Ils auront trois mois de stage pour faire leurs preuves. Seul l’un d’eux remportera le contrat à durée indéterminée.»

Suivez les mésaventures des trois concurrents à l’intérieur de l’entreprise

Chaque mardi soir, pendant trois mois, les téléspectateurs pourront suivre les mésaventures des trois concurrents à l’intérieur de l’entreprise. L’émission a suscité un certain malaise dans la péninsule. « On est arrivé au fond, s’exclame Antonio Lombardi, président de l’association Alleanza Lavoro, spécialisée dans l’aide aux chercheurs d’emploi. Cela veut dire qu’on doit passer par la télévision pour parler du travail? C’est un sujet bien trop sérieux. »

Ce n’est pas un show. Nous ne mettons pas en jeu les contrats de travail

L’homme avoue avoir éteint son poste après les cinq premières minutes, attristé par le fait qu’en Italie « tout se joue comme au théâtre ». Piqué au vif lors du lancement de l’émission, le directeur de La7, Marco Ghigliani, avait tenté de justifier le programme. « Ce n’est pas un show. Nous ne mettons pas en jeu les contrats de travail. Nous suivons juste le parcours de candidats qu’une entreprise doit choisir », avait-il justifié à « La Repubblica ».
En recherche d’emploi depuis plusieurs mois, Alessio, 26 ans, acquiesce : « Il est important de faire comprendre aux Italiens à quel point c’est devenu angoissant de trouver un travail. Aujourd’hui, même qualifié, on reste sur le carreau. » Avec 29% de chômage chez les 15-24 ans en 2010, l’Italie atteint des records. « Ce n’est pas avec un plateau télé qu’on va préparer les gens au marché du travail, lâche Antonio Lombardi. L’université italienne devrait se poser des questions. C’est pendant les études qu’il faudrait aborder le problème. » ©LeParisien.fr